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Ces hommes, bourreaux de leurs conjointes

Ce soir de mai 2013 à Sainte-Rose, la victime est forcée à monter dans une voiture. Extraite manu militari par le prévenu quelques kilomètres plus loin, elle est violemment traînée sur plusieurs mètres jusqu’à un parking de bus. L’agresseur, gardien de nuit, a les clés. Elle subira un acte sexuel forcé sur la banquette arrière de ce bus, par l’homme qui est censé partager sa vie à l’époque. Séquestrée jusqu’au petit matin de cette nuit glaciale, la jeune femme est encore en pleurs en évoquant les faits cinq ans après.

RÉGION EST. Deux histoires parallèles. Deux affaires d’agressions sexuelles sur ex-conjoint. Et deux femmes victimes, qui accompagnent du regard leur bourreau à la barre vendredi dernier au tribunal de Champ-Fleuri. Dans le premier cas, le couple vieux de 23 ans et qui compte quatre enfants dont un qui est né après les faits, s’est reformé depuis. La victime semble même redouter une peine de prison ferme, tout autant que le prévenu.

Le déroulé des événements est pourtant glaçant. Séparé au moment des faits, l’homme se présente à l’aube au domicile de son ex-compagne, un matin de février 2015. Après l’avoir forcée à monter dans le véhicule alors qu’elle se préparait à partir au travail, il prend la direction d’un chemin discret où il multiplie les avances équivoques. Terrifiée, elle se laisse faire “pour moins souffrir et que cela se termine plus vite. J’ai lâché mon corps et j’ai pensé à mes enfants”, déclare-t-elle. Désespéré par la fin d’une relation qui lui sert de repère, l’agresseur ne s’était jamais montré violent auparavant durant la relation.

“Je ne peux plus le voir”

Décrit comme immature et introvertie, le prévenu de 53 ans au casier vierge, s’étrangle presque en évoquant les faits. Mais ses timides déclarations ne respirent pas l’autocritique. “Je l’ai un petit peu forcé”. Quatre ans de prison avec sursis et une obligation de soins viendront condamner le geste, allégeant les réquisitions du ministère public qui évoquaient deux ans de prison ferme. Dans le second cas, la violence est cette fois présente  d’un bout à l’autre du récit. Alors qu’ils sortent d’une soirée dansante, un jeune homme de 29 ans prend à parti la mère de ses deux enfants pour un soi-disant échange de regards avec un autre homme. Ce soir de mai 2013 à Sainte-Rose, la victime est forcée à monter dans une voiture. Extraite manu militari par le prévenu quelques kilomètres plus loin, elle est violemment traînée sur plusieurs mètres jusqu’à un parking de bus. L’agresseur, gardien de nuit, a les clés. Elle subira un acte sexuel forcé sur la banquette arrière de ce bus, par l’homme qui est censé partager sa vie à l’époque. Séquestrée jusqu’au petit matin de cette nuit glaciale, la jeune femme est encore en pleurs en évoquant les faits cinq ans après. “Je ne peux plus… Je ne veux plus le voir!” La plaidoirie du conseil du prévenu, Julien Magamootoo, mettra en évidence plusieurs incohérences dans les propos de la victime. Le doute installé sera l’occasion d’une très longue discussion lors des délibérés. Un doute insuffisant pour accorder la relaxe demandée par l’avocat de la défense. Condamné à cinq ans de prison dont deux avec sursis, l’homme a immédiatement pris la direction de Domenjod à la sortie du procès. Les noms des deux prévenus ont été inscrits au fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles (FIJAIS). À plusieurs reprises, magistrats ou avocats ont relevé la “correctionnalisation” de ces deux affaires qui auraient pu être jugées à la cour d’assises si la qualification de viol avait été retenue. Une mise en garde sans ambiguïté, sur l’extrême gravité des faits reprochés.

J.G.

Blog Sainte-Rose

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